Le Finistère est placé en situation de« crise sécheresse », le niveau d’alerte le plus élevé, depuis le 7 août 2026. La situation continue cependant de se dégrader sur notre territoire, où elle est aujourd’hui inédite.
L’alimentation en eau potable du Pays des Abers repose sur deux sources complémentaires : 40 % proviennent de captages locaux de la CCPA, et 60 % sont fournis par le Syndicat Mixte des Eaux du Bas-Léon.
Le Syndicat nous informe que les débits de l’Aber-Wrac’h ont chuté rapidement, de jour en jour, depuis jeudi dernier, et sont désormais passés sous le seuil critique fixé pour préserver le cours d’eau. Il s’agit d’une situation inédite pour ce secteur : le débit de l’Aber-Wrac’h n’a jamais été aussi bas, et des mesures de sécurisation de l’approvisionnement ont été prises.
Cette situation contraint le Syndicat, pour la première fois, à puiser dans des réserves pour sécuriser l’alimentation en eau potable. Cette sécurisation nécessite notamment d’ouvrir l’interconnexion du réseau avec l’usine de Pont-Ar-Bled, point de départ de l’alimentation en eau potable du bassin de l’Elorn, qui dessert un tiers des territoires du Finistère Nord. Toutefois, ce volume de sécurisation pourrait ne pas suffire : cette usine alimente à elle seule un tiers du Finistère, et de nombreux autres territoires sollicitent également ses ressources en ce moment.
La situation reste très préoccupante : aucune précipitation n’est prévue dans les jours à venir, et les volumes prélevés depuis le début de l’été demeurent élevés.
Pourquoi l’eau vient-elle à manquer, même après un hiver pluvieux ?
La Bretagne bénéficie d’une pluviométrie généreuse, mais son sous-sol ne permet pas de stocker durablement cette eau. Contrairement à des régions dotées de grandes nappes souterraines, les sols du Pays des Abers retiennent peu l’eau : une large part des précipitations ruisselle rapidement vers les rivières puis la mer, sans constituer de réserve profonde. L’eau tombée l’hiver ne se conserve donc pas d’une saison à l’autre.
Ce qui est interdit pour les particuliers
En situation de crise, niveau maximal du dispositif préfectoral, les usages non essentiels de l’eau sont totalement interdits pour les particuliers :
- interdiction totale d’arroser jardins et pelouses ;
- interdiction d’arroser les potagers et espaces verts de 8h à 20h ;
- interdiction de laver son véhicule ou son bateau, y compris en station de lavage ;
- interdiction de remplir ou de vidanger une piscine privée de plus d’1 m³ ;
- interdiction de nettoyer façades, terrasses, murs, toitures et autres surfaces extérieures ;
- interdiction de vidanger un plan d’eau privé.
Seuls demeurent autorisés les usages prioritaires : l’alimentation en eau potable, la santé, la salubrité publique, la sécurité civile et la lutte contre les incendies.
Aller au-delà des restrictions : l’affaire de tous
Compte tenu de la gravité de la situation, la Communauté de Communes du Pays des Abers appelle chaque habitant et vacancier à aller au-delà des mesures imposées par le niveau d’alerte maximal :
- suspendre l’arrosage des potagers et espaces verts même entre 20h et 8h, plage pourtant non concernée par l’interdiction stricte ;
- limiter au maximum sa consommation quotidienne — réduire le temps passé sous la douche est l’un des gestes les plus simples et les plus efficaces pour économiser l’eau ;
- signaler toute fuite d’eau visible sur la voie publique ;
- reporter tout usage non indispensable de l’eau.
L’eau potable n’est pas une ressource inépuisable. Sa préservation est, dès aujourd’hui, plus que jamais, l’affaire de tous.
Martial Clavier, Vice-président de la Communauté de Communes du Pays des Abers en charge de l’eau et de l’assainissement