À la mi-octobre, des ouvriers suspendus à 65 mètres ont travaillé sur le sommet de la tour. À l’intérieur, la salle de veille se vide peu à peu.
Le chantier de restauration du grand phare de l’Île Vierge, engagé depuis mars 2026, a franchi une nouvelle étape en octobre. Comme prévu, les cordistes sont intervenus à la mi-octobre pendant deux semaines, suspendus à plus de 65 mètres au-dessus des rochers. Ils ont repris les joints du soubassement de la lanterne, le bandeau de pierre qui entoure la coursive extérieure et que le vent et les embruns usent sans relâche.
Depuis le sol, on distingue à peine quelques silhouettes sombres accrochées à la tour. De près, c’est un travail d’orfèvre. Chaque vieux joint est nettoyé, puis rempli en deux temps avec un ciment conçu pour résister au sel. Le vent sèche tout très vite à cette hauteur, ce qui oblige à humidifier régulièrement les joints. La consigne de l’architecte : un retrait d’un millimètre au plus par rapport à la pierre.
À l’intérieur, la salle de veille se vide. L’escalier en fonte a été démonté marche par marche et rejoint l’atelier du serrurier pour être restauré. Le vieux treuil, longtemps fixé dans l’embrasure d’une fenêtre, a lui aussi été déposé.
Les opalines. Sur les quelque 12 500 plaques qui habillent la tour depuis 1902, 29 devront être remplacées. Le nouveau verre passe un mois en enceinte climatique, à côté d’une opaline ancienne, pour comparer leur vieillissement. Le verdict est attendu dans les semaines à venir.
Le plancher et les lambris. Les sondages dans le plancher de béton armé de 1901 sont rassurants : les armatures sont à leur place et à peine touchées par la rouille. Les lambris, mis en réserve depuis 2010, sont arrivés chez le menuisier en très bon état.
Pour suivre le chantier et le soutenir
Le grand phare est fermé à la visite depuis le 2 mars, mais l’île reste accessible. Le journal de chantier de l’office de tourisme raconte les travaux étape par étape, avec des photos de Mathieu Rivrin.
Le projet bénéficie aussi du soutien des particuliers et des entreprises, via la collecte de la Fondation du patrimoine. Un don est déductible à hauteur de 66 % de l’impôt sur le revenu : 250 € reviennent à 85 € après réduction d’impôt.




